Il faut beaucoup aimer les hommes, Marie Darrieussecq

Merci aux éditions Folio et Livraddict pour ce partenariat

Il faut beaucoup aimer les hommes, Marie Darrieussecq, éditions Folio,,2015288 pages

Ganre : récit contemporain

Thèmes : amour, attente, showbusiness, cinéma, Afrique

 

L'auteur en quelques mots ...

 

En 1988, Marie Darrieussecq reçoit le prix du jeune écrivain de langue française pour sa nouvelle La Randonneuse.

Après avoir rédigé quelques premiers ouvrages repérés par de nombreux éditeurs (Grasset, Le Seuil, Fayard), elle publie son premier roman, Truismes, en septembre 1996.

En 2011, elle publie Clèves, roman sur l'éveil à la sexualité d'une jeune fille des années 1980.

À partir de septembre 2011, elle tient sur France Culture dans l'émission Les Matins, une chronique hebdomadaire intitulée « Place aux femmes ».

En 2013, elle obtient le prix Médicis pour son roman Il faut beaucoup aimer les hommes

 

L'histoire

Solange est une jeune comédienne qui tombe sous le charme de Kouhouesso, un acteur noir et charismatique. Rapidement nait une idylle qui va pourtant s'avérer beacuoup plus forte pour Solange. Kouhouesso est obsédé par l'idée de réaliser son premier film, adapté de l'oeuvre de Conrad, Coeurs de ténèbres. Dès lors s'engage pour la jeune femme une attente. Lentement mais sûrement elle va s'engluer dans cette relation qui la ronge pourtant, Kouhouesso étant un esprit libre et indépendant. Bien qu'il semble attaché à elle,découvre à ses côté les cinéastes français de la nouvelle vague , parle littérature et racines africaines, il ne montre pas la ferveur qu'elle serait en droit d'attendre.Aussi lorsqu'il cherche une jeune femme pour le rôle de La Promise, se sent-elle flouée de ne pas être choisie. Le départ pour l'Afrique sera l'occasion d'un choc des cultures mais aussi d'une révélation. Car elle est blanche et Kouhouesso est noir. Cela doit-il poser un problème ? Cela en pose-t-il un pour elle, inconsciemment ? Le milieu du cinéma n'est pas tendre cependant et Solange va le découvrir à ses dépens.

 

En vrac et au fil des pages...

 

De Marie Darrieussecq j'avais lu l'étrange Truismes. j'ai retrouvé ici cette plume surprenante, à la fois posée et distante, qui nous rend les personnages un peu flous, insaisissables. Le personnage de Solange notamment est on ne peut plus complexe : amoureuse d'un homme noir, elle n'a de cesse de revenir sur l'image que renvoie leur couple. A aucun moment pourant les autres protagonistes ne font preuve de racisme, mais c'est comme si elle était génée de cela inconsciemment ou au contraire souhaitat qu'on le remarque. S'interrogeant sur cela elle cherche à comprendre les racines de Kouhouesso qui se livre peu, parle par bribes, miettes, de son pays de son enfance. Pourtant son attachement à sa terre est fort et il souhaite en faire un film.

On tombe là dans l'univers du cinéma hollywoodien, paillettes et champagne, un côté que je n'apprécie pas. L'argent coule à flot et on ne se refuse rien, pas même remplacer la pluie africaine par de l'eau minérale ! j'ai apprécié en revanche que le personnage de Solange prenne de la consistance dans ce contexte africain, dans ce village où elle perd à la fois le confort de sa vie ciatadine américaine et ses repères, acceptant de cotoyer les habitants. C'est d'ailleurs elle qui se rapproche le plus de cette vie si différente, alors que les autres acteurs sont parqués dans un hôtel de luxe. Le déclage entre deux monde est ici souligné, saute aux yeux du lecteur qui comprend plus vite que Solange dans quoi elle s'est engagée. Mais l'amour rend aveugle !

Tout au long du récit une distance s'installe entre Solange et Kouhouesso et l'on perçoit combien elle est dépendant de lui , guettant ses appels, alors que lui vit pour son art. La fin semble terrassante pour le lecteur qui ne s'attendait pas, comme elle, à cette réaction et nous replace dans l'univers du cinéma américain, chacun pour soi, amour d'un jour, pas d'attachement profond, superficialité.

Pour cela je pense que le récit de Marie Darrieussecq allie le fond et la forme, transmettant bien cette sensation de détachement, de superficialité. Le titre renvoie à une citation de Marguerite Yourcenar "Il faut beaucoup aimer les hommes. Beaucoup, beaucoup. Beaucoup les aimer pour les aimer. sans cela ce n'est pas possible, on ne peut pas les supporter". C'est cela je coirs ce roman, le récit d'une incompréhension mutuelle, d'une incompréhension tout court.

A découvrir

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