Celui qui n'aimait pas lire, Mikaël Ollivier

Celui qui n'aimait pas lire, Mikaël Ollivier, éditions de la Martinière, 2004 ,184 pages

Genre : autobiographie

thèmes : lecture, adolescence, parcours initiatique

 

L'auteur en quelques mots ...

Né en 1968 à Versailles, Mikaël Ollivier ne se définit pas comme un écrivain mais un "raconteur d'histoires". Il écrit en effet des récits jeunesses, des romans mais aussi des scenarios pour la TV et la radio. Il suit des études qui font la part belle à la musique puis entre en école de cinéma, option réalisation. Diplômé du Conservatoire Libre du Cinéma Français, il découvre véritablement la littérature ( ce qu'il relate dans Celui qui n'aimait pas lire) et entre à Canal +. En 1993 il adapte pour la TV Pêcheurs d'Islande de Pierre Loti qui l'a marqué. En 1997 sort son premier roman SF, L'ombre de Mars. Il n'a jamais cessé d'écrire depuis, a continué d'adapter pour la TV. En 2014 c'est son roman Tout doit disparaitre qui est adapté au cinéma sous le titre Paradis amers.

 

L'histoire

 

Alors que son frère dévore les classiques, se montre féru de Tolstoï ou Camus, le narrateur n'aime pas lire et le revendique. Ses parents n'ont de cesse de laisser trainer des livres, lui conseiller des lectures dont certaines finiront par le marquer.

C'est le cinéma qui est apparu, bien avant la littérature, comme une passion. Il faut dire que la littérature jeunesse n'était alors pas ce qu'elle est aujourd'hui, foisonnante et adaptée à chacun. Et de clamer " j'aime pas lire !", "Les livres sont des médicaments contre les fautes d'orthographe. Et comme tous les médicaments, c'est bien connu, ils sont amers...".

Il n'aime pas lire, pourtant il aime les livres, leur odeur, l'univers qu'ils dégagent dans une pièce, les possibles qu'ils supposent.

Il faudra attendre la poésie; il faudra attendre Pêcheurs d'Islande, il faudra attendre La Perle de Steinbeck, il faudra surtout attendre la rencontre avec ELLE dans un train, pour que tout prenne sens.

Comment écrire quand on n'a jamais aimé lire ?

 

En vrac et au fil des pages ...

J'ai choisi de relire ce court roman autobiographique pour pouvoir en lire certains passages à mes élèves, leur clouer le bec avant qu'il n'aient pu dire " moi je n'aime pas lire" !

Quoi de mieux pour cela qu'un écrivain qui vous dit qu'il n'aimait pas lire, qui compare les livres à des médicaments, qui a tout compris à la révolte adolescente :" Pourquoi les livres sont'ils rengés dans la catégorie "choux de bruxelles/eaux minérales" et pas dans la catégorie "bonbons/sodas" ?" ou encore : "Pour la semaine prochaine, dit la prof de français, il est interdit de finir Le Rouge et le Noir de Stendhal, ni même de lire le chapitre 9. C'est bien compris ?( là les élèves soupirent) (...) Moi avec une prof comme ça , je me plonge dans le bouquin dès que je suis à la maison (...)".

Interdire les livres quax jeunes pour les faire lire ! idée géniale ;)

Au-delà de la blague, Mikaël Ollivier évoque son attrait pour l'imaginaire qu'il réalise à travers son amour pour le cinéma et le temps qu'il lui a fallu pour comprendre que les livres peuvent transporter aussi loin qu'un film.

L'autobiographie est aussi une histoire d'amour, distillée au fil des pages, entre lui et une inconnnu qu'il croisera dans un train alors qu'il part faire la promotion d'un de ses livres justement. Et s'il n'avait jamais lu ? Et s'il n'était pas devenu écrivain ? Quelle serait sa vie sans elle dont la lecture a toujours été un besoin, un plaisir, ce qui les a rapprochés.

Vite lu et sympathique.

 

 

Retour à l'accueil