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La Douce empoisonneuse, Arto Paasilinna, Folio gallimard, 2013, 255 pages

Genre ; roman

Thème : poison, hasard, meurtres, Finlande, amour

L'auteur en quelques mots ...

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Ecrivain finlandais né en 1942 en laponie, Aarto Paasilinna écrit aussi pour le cinéma, la radio ou la télévision. Paasilinna est un nom inventé par son père alors que la famille venait d'être rejetée vers la Laponie en temps de guerre. Dès 13 ans, Aarto Paasilinna travaille comme bucheron et c'est à 20 ans qu'il entame des études de journalisme. Auteur d'une trentaine de romans traduits dans le monde entier, il donne à lire un humour parfois grinçant dans lequel lanature est touours présente. Très critique envers la Finlande il n'hésite pas à dire :" Les finlandais ne sont pas pire que les autres, mais suffisamment mauvais pour que j'aie de quoi écrire jusqu'à la fin de mes jours".


l'histoire

Linnea Ravaska vit dans sa petite maison de campagne dont elle prend plaisir à s'occuper."Une avenante petite vieille dans un paisible décor champêtre, quel aimable tableau". Ce matin là, elle se rend à la banque de Harmisto pour retirer sa pension, comme elle le fait chaque mois. Pourtant c'est une mauvaise journée qui s'annonce, là encore comme chaque mois. Son neveu et ses accolytes ne vont pas tarder à arriver et réclameront leur dû, passant la journée à boire et à la houspiller. Linnea n'en peut plus de cette situation dégradante. Mais cette fois Kauko va aller plus loin en lui demandant d'apposer sa signature au bas d'un testament. Traumatisée par les méthodes musclées des trois jeunes, Linnea s'enfuit, leur abandonnant sa maison et son chat, pour aller trouver la police et se réfugier chez un ami Jaakko. là, une idée germe dans son esprit : si son neveu venait à la retrouver il faudrait qu'elle se suicide. C'est donc avec application que Linnea confectionne un poison violent en collectant médicaments et produits qui l'entourent. 

Il se pourrait pourtant que ce poison serve à quelqu'un d'autre et la situation, si bien ficelée, échappe totalement à la vieille dame qui se révèle être une douce empoisonneuse ... mais pas que !

En vrac et au fil des pages ...

Arsenic et vieille dentelle. Ce roman qui débute par un petit morceau de poésie champêtre et s'achève sur une série de meurtres n'est pas sans rappeler les romans de détective dont on se délecte par l'humour et le caractère décalé qu'ils proposent. C'est le cas ici avec une veuve de colonel dont les agissements proche des nazis pendant la sconde guerre mondiale donnent à réfléchir et un groupe de malfrats qui terrorise mais sera puni à la fois par la ténacité de Linnea et par le hasard.

Car c'est ce qui est bien amené dans ce court roman . Le hasard, les circonstances, jouent un grand rôle, à tel point que l'on s'attend toujours à ce que la vieille dame s'exclame "oups ! je ne l'ai pas fait exprès ...".Il faut dire que les jeunes malfrats s'accordent à merveille dans la bêtise. On les sent violents mais leur intelligence limitée en fait des héros de seconde zone qui tombe dans le panneau d'une vieille dame en apparence innocente.

Je n'irai pas jusqu'à dire que ce roman est hilarant car le sujet est grave ( la maltraitance). Pourtant le décalage qui nait entre une situation traumatisante et les conséquences qui en découlent est drôle, il faut le reconnaitre. La vielle dame qui se promène en ayant toujours dans son sac une seringue remplie de poison au cas où elle croiserait son neveu et devrait se suicider rapidement ne peut faire rire que lorsque la situation devient cocasse et se retourne contre l'agresseur. Arto Paasilinna fait preuve de cynisme et en profite pour critiquer la société finlandaise qui laisse ses jeunes tomber dans les travers de l'alcool, du chômage, du désoeuvrement et donc de la violence. Cynisme qui va assez loin en comparant la société actuelle avec celle qu'a connu la vielle dame durant la seconde guerre ( rappelons que la Finlande était ralliée à l'Allemagne nazie) quand on savait s'occuper de cette jeunesse là !

A découvrir en tous cas.

 

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