http://ecx.images-amazon.com/images/I/51VF06VMC9L._SL500_AA300_.jpg

 

 

 

 

 

Oscar et la dame rose, Eric Emmanuel Schmitt, Albin Michel, 2002,100 pages

genre : roman

Thème : maladie, enfance, mort, acceptation

 

 

L'histoire : Oscar a dix ans . Atteint d'une leucémie, il partage sa vie à l'hôpital entre les soins, les visites de ses parents et les rencontres avec d'autres enfants malades. Depuis quelques temps il s'interroge sur l'attitude des adultes : les médecins et notamment le docteur Dusseldorf, semblent mécontents de l'avolution de sa maladie et ne lui sourient plus."Depuis ma greffe osseuse je sens bien que je ne fais plus plaisir.Quand le docteur Dusseldorf m'examine le matin , le coeur n'y est plus, je le déçois.Il me regarde sans rien dire comme si j'avais fait une erreur ...J'ai compris que je suis devenu un mauvais malade, un malade qui empêche de croire que la médecine c'est formidable". Ses parents ne savent plus communiquer avec lui ,aussi en veut-il aux adultes de lui mentir.Seule la dame rose, Mamie Rose, et son franc parler lui permettent de supporter sa vie déclinante. Avec elle il apprend a accepter la maladie, la réaction des adultes.Pour lui elle s'invente une vie de catcheuse professionelle , de battante, à l'image de ce qu'elle aimerait qu'il soit. Sur ses conseils, chaque jour, Oscar écrit une lettre à Dieu, "Cher Dieu, (...) Je te préviens tout de suite, j'ai horreur d'écrire. Ecrire c'est rien qu'un mensonge qui enjolive, un truc d'adultes.". Mais un jour Oscar surprend une conversation entre ses parents et le docteur Dusseldorf. Ce dernier leur annonce que leur fils ne vivra plus très longtemps.Alors ,pour lui, Mamie Rose invente un monde imaginaire ou chaque jour correspond à dix ans. Commence la vie d'Oscar, enfant, adolescent découvrant les premiers émois amoureux avec Peggy blue, la fille bleue puis adulte amoureux et désespéré par ce sentiment, jusqu'au dernier jour ...

 

En vrac et au fil des pages : j'avais lu ce roman au style épistolaire voilà quelques années et l'avait apprécié pour sa fraicheur, sa franchise et en même temps le choix des mots, enfantins mais plein de bon sens. A la relecture je me dis qu'il est innovant car ne craint pas de faire parler un enfant sur sa maladie, sa mort imminente et pose un regard nouveau sur l'attitude des adultes, parfois en effet plus perdus que les enfants eux-mêmes.

 

Pas de registre larmoyant ici et la brièveté du récit aide à cela mais un discours sincère inspiré à Eric Emmanuel Schmitt par son enfance passée à suivre son père dans les hôpitaux auprès d'enfants malades. Un regard juste donc.

 

Le thème de la religion est abordé comme un refuge, une écoute qui peut permettre à Oscar de maitriser sa colère envers les adultes et accepter la fin de sa vie. Eric Emmanuel Schmitt va très loin en comparant les souffrances de Jésus ( nommé Dieu dans le texte) et celles d'Oscar mais ici la réflexion transcende les simples points communs en soulignant que la souffrance physique peut n'être rien si le moral soutien l'être.

 

Toutefois je suis un peu surprise que les parents soient si distants, si absents. Evidemment c'est ici la maman qui parle et je peux comprendre que l'on se sente impuissant et maladroit devant la maladie qui emporte son enfant. Mais la présence forte de Mamie Rose, la personnalité déterminée d'Oscar, laissent peu de place aux autres personnages qui apparaissent comme des formes, des passants et non des acteurs. Même à la fin, alors qu'Oscar donne à tous une leçon de vie et d'espoir, ils sont passifs et ne prennent pas la parole. C'est un petit regret pour moi.

 

Une jolie lecture donc que l'on n'aborde pas de la même façon selon que l'on est adolescent ou adulte. Mon fils a beaucoup apprécié la langue simple, à la fois légère et affirmée. Pour ma part je reste un peu indécise quant à mon ressenti, d'une part ravie que l'on ne tombe pas dans les clichés, d'autre part un peu déçue par la perception familiale qu'il nous donne à voir.

 

schmitt eelittraturecontemporaine

Retour à l'accueil