IMG 1625Par amour des livres, jusqu'où sommes-nous prêts à aller ? Acheteurs compulsifs, collectionneurs, amoureux de beaux livres, dévoreurs...la passion de la lecture nous anime, la decouverte, l'évasion, la connaissance. Mais pas seulement, sinon nous serions tous des rats de bibliothèque et n'aurions pas un exemplaire chez nous ! Impensable !

 

Pour assouvir cet appétit, nous dépensons sans compter. Et si nous comptons, c'est pour découvrir avec désespoir que ce que nous ne pouvons acheter nous manque déjà !

 

Dans notre frénésie, nous oublions qu'un livre est aussi, avant de parvenir jusqu'à nous, associé à un lieu. J'aime à penser qu'il a fait un petit séjour en librairie, qu'il a cotoyé d'autres livres qui seront peut-être un jour sur mes étagères, qu'il a été feuilleté et, en tous cas, placé là parce que c'était le meilleur endroit pour lui. S'il est neuf, il attirera le curieux avide de rencontrer son auteur, peut-être son dernier écrit. S'il a vécu, il m'interpellera et je me demanderai alors quelle vie il a pu avoir auparavant, pourquoi il est revenu sur les étagères du libraire ou du bouquiniste. Son odeur m'en dira autant sur lui ( car oui, j'aime sentir les livres !), ses pages cornées m'indiqueront une ligne appréciée du lecteur précédent.

 

Dans tous les cas, le libraire me parlera de lui, me donnera l'envie de le découvrir et saura me conseiller sur d'autres lectures.

 

Vous me voyez venir avec mes gros sabots ! Et internet dans tout ça ? Le livre électronique, en vogue actuellement, détrônera-t-il l'objet-livre ? Je ne le crois pas, tant la démarche est différente. Je ne me risque pas au livre électronique car je sais que je n'y prendrai aucun plaisir. J'ai encore du mal à l'utiliser dans ma classe ( et pourtant le TBI me fait de l'oeil). Car tout le plaisir est , pour moi, dans la manipulation, dans l'éveil des sens que procure une lecture à pleine main (la couverture, l'odeur, les lignes, le bruit du papier, le toucher particulier de certaines éditions ...).

 

Acheter via internet n'exclue pas de faire travailler des libraires indépendants. Je pense ici au site recommandé par une amie (merci Domi !) : http://www.lalibrairie.com/ .

C'est un choix. La facilité qu'apporte l'ordinateur ne devrait pas supplanter le bonheur de passer du temps chez un libraire ou un bouquiniste. Ce n'est d'ailleurs pas incompatible.  Car ce n'est pas une perte de temps mais un plaisir, comme prendre un café ou un thé en terrasse au lieu de le prendre chez soi ou aller au cinéma et ne pas rester sur son canapé ( si moelleux soit-il !).

 

Parfois me direz-vous, on n'a pas le choix ! Je le sais bien puisque c'est mon cas. Là où je vis les librairies sont rares. Ce sont plustôt des papèteries dans lesquelles un petit coin est dédié à la littérature. Les ouvrages sont souvent hors de prix, taxes obligent. Alors, oui, je commande via internet sur un gros site marchand, qui ne me donne d'autre satisfaction que d'obtenir ce que je veux à moindre frais. Dans ce cas je m'arrange toujours pour commander à un particulier via ce site. Et lorsque je reçois mon achat, j'apprécie le petit mot "Bonne lecture", "Ce livre m'a enchanté, j'espère qu'il vous plaira". Mais au fond de mon coeur je regrette de ne pas avoir déniché ce livre dans une librairie.

 

http://www.laccentdusud.fr/images/ex_laccent.jpgPrès de chez moi, dans le quartier de Terre-Sainte, un bouquiniste résiste et propose un panel varié de livres d'occasion. J'aime y flâner, prendre un thé en terrasse, discuter. Là-bas, un libre est inmanquablement lié à une personne, une anecdote. Tous ont vécu , certains beaucoup ( comme cette édition complète des oeuvres d'Hemingway qui me tend les bras chaque fois que je passe la porte !). La devanture bleue et l'inscription "L'Accent du Sud" invitent à la détente. C'est aussi cela le plaisir de lire. Et si je ressors sans un achat (ce qui est assez rare, je le reconnais), j'ai au moins la satisfaction d'avoir pris du temps pour moi, dans un lieu que j'affectionne.

 

Je voudrais finir avec une anecdote qu'un court métrage m'a rappelée ces derniers temps. Lorsque j'étais petite, j'étais persuadée qu'une bibliothèque vivait. Oui, parfaitement, je pensais que les livres et objets qui la composaient prenaient vie hors du regard des hommes ! Des années plus tard, j'ai composé ma bibliothèque avec, en mémoire, l'idée que les oeuvres d'un même auteur n'aimaient pas être séparées mais aussi que des étagères trop bien rangées ne donnaient pas envie de lire ( cette remarque est toute personnelle. A chacun ses marottes !) et cela dans le souvenir que les livres ont une vie qui leur est propre. Puis, ces derniers jours, en naviguant sur les blogs des copains lecteurs, j'ai découvert une vidéo qui m'a enchantée. Je vous laisse la découvrir, sans la commenter. Elle a été réalisée par Sean et Lisa Ohlenkamp

 

 

 


 

Des livres, des livres, toujours des livres ! En voici parmi ceux qui évoquent le plaisir de lire, la magie de l'objet et qui m'ont marquée (la liste n'est pas exhaustive !) :


- Une bibliothèque la nuit, Alberto Manguel (et tout Manguel en général !)

- Comme un roman, Daniel Pennac

- Farenheit 451, Ray Bradbury

- Le Libraire, Gérard Bessette

- Un Ange cornu avec des ailes de tôle, Michel Tremblay

- L'Histoire sans fin, Michael Ende

- L'Ombre du vent, Carlos Ruiz Zafon

- Le Cercle littéraire des amateurs de patates, Mary Ann Schaffer et Annie Barrows

- Balzac et la petite tailleuse chinoise, Dai Sijie

- Au bon roman, Laurence Cossé

- Un livre s'écrit tôt le matin, Dominique Sampiero

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Je vous invite évidemement à la compléter et à laisser ici vos remarques sur les sujets abordés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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